« Le pouvoir a une âme » : la réplique de l'écrivain Alexandre G. Atachi à l’honorable Sodjinou
Dans une lettre ouverte d’une plume noble et mesurée, Alexandre G. Atachi, journaliste et écrivain engagé, s’adresse à l’honorable Michel François Oloutoyé Sodjinou avec la force tranquille de la raison. Il y élève le débat politique à la hauteur de la conscience, rappelant qu’en toute circonstance, l’honneur d’un homme public se mesure à sa fidélité envers le peuple et à la vérité de son engagement.
Lire l’intégralité de la lettre :
ATACHI G. Alexandre Cotonou, le 16 octobre 2025
Journaliste-Ecrivain
002290196473939 A
atachi.alexandre@yahoo.fr Monsieur Michel François Oloutoyé SODJINOU
Député à l’Assemblée Nationale du Bénin
Objet : Lettre ouverte
Cher honorable,
Puisque vous avez choisi la voie d’une lettre ouverte pour vous adresser au peuple béninois, permettez que je vous réponde également, non au nom du peuple, mais au nom de la logique et du bon sens.
Je ne suis pas dans une logique de vous supplier, encore moins de vous accabler d’injures. Mon seul objectif, à travers cette lettre, est de vous placer face à votre conscience qui, à mon avis, ne saurait porter le poids de l’acte que vous posez. Car si les mots d’humilité et de fraternité de l’honorable Éric HOUNDETE n’ont pas touché votre cœur, ce ne sont certainement pas ceux d’un simple citoyen qui le feront.
Ceci étant, je me refuse à croire que l’acte que vous posez soit commandité par les “rois du moment”. Et cela, pour trois raisons simples:
Primo, celui qui affirme ne plus regarder l’Afrique mais les nations développées ne saurait recourir à des méthodes d’un autre âge, celles des indépendances africaines, pour imposer un candidat.
Secundo, celui qui soutient avoir réalisé en neuf ans ce que tous les présidents du Bénin réunis depuis 1960 n’ont pu accomplir, ne peut tomber dans la bassesse d’une manipulation politique.
Tertio, celui qui se proclame “compétiteur né” ne peut en aucun cas craindre la compétition, à moins que le fait de réussir à empêcher la compétition ne soit, en soi, une nouvelle forme de compétition.
À la lumière de ces trois points, je conclus que votre acte n’est pas le fruit d’une commande extérieure. Il vient donc de vous. Et dans ce cas, honorable, quelles que soient les raisons que vous avancerez, qui ne pourront jamais totalement vous dédouaner, permettez-moi de vous rappeler ceci :
Si votre objectif est de nuire à l’ancien président Boni YAYI, sachez qu’en agissant ainsi, vous touchez non pas à un homme, mais à l’âme même du peuple béninois. YAYI n’a plus rien à perdre. Mais vous, et ce peuple, oui.
Vous avez sans doute envisagé de disparaître politiquement, mais posez-vous cette question essentielle :
Que gagnez-vous en partant ?
Si vous partez avec les pleurs de tout un peuple, avec la misère des vôtres et la désillusion des militants, vous perdez tout, y compris votre honneur. Et si, par extraordinaire, votre geste avait été inspiré par d’autres, sachez que ces mêmes “alliés” vous tourneront le dos dès demain pour deux raisons :
Primo : Faire disparaître toute trace de leur implication ;
Secundo : Parce qu’ils ne peuvent faire confiance à celui qui a trahi les siens.
Mais si vous restez fidèle à ce peuple, vous gagnerez quelque chose qu’aucun pouvoir ne peut acheter : l’estime et le respect éternel des Béninois. Le peuple fera de vous un héros, et cela vaut bien plus que tout l’or du monde.
Aujourd’hui, vous êtes face à votre conscience et face à l’Histoire. Comme l’a dit Clément DJIHOUE dans mon roman Les chaînes du pouvoir :“….le pouvoir a une âme, et lorsqu’il sent qu’il est dans des mains qui n’en sont pas dignes, il s’arrange pour les quitter.”
Si le pouvoir même pense qu’il faut une alternance pour 2026, il travaillera lui-même à atteindre son objectif.
In fine, je voudrais lancer un appel au reste de l’équipe et particulièrement à l’honorable Éric HOUNDETE : ne cédez pas aux vents de la division. C’est dans les tempêtes que se révèlent les capitaines. Restez soudés, car rien n’est encore perdu.
Que Dieu bénisse le Bénin.
Alexandre G. ATACHI

Commentaires
Publier un commentaire